Découvrir la mention Master en Arts Écologiques

« A quoi bon des poètes en temps de détresse ? » (Friedrich Hölderlin, Pain et Vin, 1800)

A quoi bon les arts si ce n’est pour répondre aux crises du vivant et à la vigueur de la vie, pour tisser ensemble savoirs, récits et actions, traduire ou construire des expériences, être le laboratoire d’existences à venir ou un socle du commun présent. Ce master en arts écologiques unique en France s’entend lui-même comme réponse à apporter aux catastrophes mais aussi aux indéterminations infinies des réseaux vivants pour développer chez les étudiant·es des capacités de réponse grâce aux arts et avec eux. Il ne s’agit pas forcément d’opposer des possibles qui chantent aux effondrements en cours et à venir, mais de penser-représenter, ici et maintenant, le réel, traverser ses brèches, saisir les possibilités de sentir-penser autrement, extraire l’extractivisme, travailler les matières et les représentations au corps pour contribuer à d’autres formes de vie.

La situation écopolitique nous invite à rien de moins que d’inventer d’autres cultures et pour cela, il importe de faire appel aux diverses disciplines qui ont soutenu, détourné, transgressé les cultures dominantes : lettres, philosophie, théâtre, musique et arts sonores, arts plastiques et visuels. Les chantiers des arts et arts de penser sont riches de perspectives écocritiques et cosmogoniques qu’il est précieux de connaître, de saisir en leurs complexités, de questionner et peut-être de diffuser ou de dépasser chacun·e son tour.

Ce master s’appuie sur les recherches et les enseignements de plus de vingt enseignant·es-chercheur·es des UFR Arts et Lettres qui ont consacré leurs travaux des dernières années aux questions soulevées par les catastrophes environnementales, par le souci de gouvernances plus justes et plus démocratiques, et par les manières dont on peut s’en saisir artistiquement, dont on oppose des résistances et des contre-propositions esthétiques.

Des divers arts à la philosophie et à la création littéraire, ce master propose donc de conjuguer les forces comme les artistes du capitalocène le font si souvent afin de multiplier, par l’entrechoquement ou la combinaison des savoirs, les chances de la critique esthétique et de la création.

Le master comprend d’une part des cours de tronc commun qui ambitionnent de donner une culture environnementale, philosophique, politique et écocritique fondamentale. Il propose d’autre part des cours dispensés par les intervenant·es en leurs diverses disciplines. Les connaissances et méthodologies étudiées en tronc commun permettront de mieux appréhender les enseignements plus spécialisés.

A l’issue des trois premiers semestres, un semestre est dévolu à la conception et rédaction d’un mémoire de master, qui pourra s’appuyer sur les savoirs transmis pour développer une réflexion critique originale ou une recherche-création comprenant une pratique artistique expérimentale. 

Brochure 10.1 Mio