Cours mutualisés

Assuré par Eliane Beaufils

 

Face à la catastrophe climatique, nombreux sont les artistes et activistes à vouloir selon les termes de Donna Haraway cultiver notre response-ability : nos aptitudes à répondre et notre responsabilité. En regard des échelles de temps et de pouvoir impliquées, le défi est de taille. Les artistes tentent d’y opposer des esthétiques et des pratiques, n’hésitant pas à faire du théâtre et de la performance une scène d’essai pour des mondes à venir. Ce cours tentera de dégager les potentialités que réservent les dramaturgies participatives : comment faire de l’espace-temps théâtral un lieu d’exploration d’autres faires, de sociabilités et de politiques alternatives ? Comment conjuguer des connaissances scientifiques avec des savoirs-faires et permettre à tous·tes de développer des savoirs incarnés ? Quelle devient la position de l’artiste, la fonction du cadre artistique ?

Le cours s’appuiera sur des lectures, des études de formes spectaculaires, l’expérimentation de certaines à l’université et au théâtre.

Assuré par Aliocha Imhoff

 

Sous la forme d’un atelier pratique, nous chercherons, à partir d’un vaste corpus de propositions qui doivent leur condition de possibilité et d’usage à l’art sans en relever pour autant, à élaborer une série de projets que nous pourrions qualifier de « post-artistiques ». À en suivre le théoricien de l’art Stephen Wright, ces propositions seraient à envisager sur le modèle de la permaculture – l’art contemporain devient compost, il se décompose « en ingrédients, en composants, en une série de compétences, énergie, histoire, récit, références, inférences » (Wright, 2022), et tandis que ces pièces détachées de l’art sont l’humus des formes sociétales à venir. Depuis ce cheminement, nous puiserons dans les héritages de « l’art utile », des pratiques dites « extra-disciplinaires », des revendications « artivistes » ou encore, de l’art-action et des conceptualismes latino-américains, en passant par l’activisme culturel new-yorkais. Entre chacune des propositions estudiantines, le cours sera ponctué d’arpentages de livres et articles.

Assuré par Aliocha Imhoff

 

La question de l’énonciation – d’une politique de l’énonciation et des dispositifs formels qui la rendent possible – structure de nombreux débats contemporains sur l’art. En 1972, Gilles Deleuze disait à Michel Foucault « vous nous avez enseigné l’indignité qu’il y a à parler pour les autres », ouvrant avec d’autres, le grand questionnement féministe, queer et postcolonial qui se tiendra jusqu’à nous. Aujourd’hui, c’est la voix silencieuse du monde qui nous rattrape, alors qu’avec l’ère de l’Anthropocène, toute vie devient digne d’habiter un plus vaste parlement, qui s’ouvre aux animaux, aux végétaux, aux machines, aux objets. Au cœur des pratiques de l’art, des dispositifs d’inclusion des non-humains se multiplient, en appelant à des procédés de traduction, d’éco-diplomatie, d’attention, de porte-parolat. Que fait l’Anthropocène aux épistémologies du point de vue et à la question « Qui parle ? » héritée des années 68 ?

Assuré par Aliocha Imhoff

 

Ce cycle de conférences est dédié aux relations contemporaines entre art et écologie, à cette urgence première de notre temps qui semble tout emporter avec elle. Que peut le monde de l’art (artistes, commissaires, chercheurs, critiques, etc.), son écosystème et ses usages face au bouleversement cosmologique que constitue désormais l’entrée dans l’Anthropocène, cette ère où l’humanité digère la Terre ? Si pour Donna Haraway, dès 2011, « faire des histoires » (storying) revennait, depuis ce contexte, à « faire monde » (worlding), les propositions se sont depuis multipliées du tournant assembléiste de l’art à la permaculture institutionnelle, de l’éco-pédagogie critique à l’éco-féminisme, tandis que les appels à bifurquer, fuir, déserter, renoncer s’intensifient encore. Cycle annuel.

Assuré par Aliocha Imhoff

 

A l’aune du changement climatique global et de ce tournant cosmologique, la notion d’institution d’art appelle à une urgente et complète refonte. Les pistes de travail visant à à écologiser les institutions et faire de l’espace de l’art une répétition générale pour une bascule terrestre se sont depuis quelques années, multipliées, du tournant éco-assembléiste de l’art à la permacircularité muséale, de l’éco-pédagogie critique aux spiritualités radicales des éco-féminismes, tandis que les appels plus amples à bifurquer ou à déserter s’intensifient encore. Quels sont désormais les contours de ce tournant et de ces pratiques qui doivent, d’un côté, leur condition de possibilité et d’usage à l’art « sans en relever pour autant » - ce que l’on appelle « post-artistique » - et qui, de l’autre, tendent à faire bifurquer les institutions et les musées comme fonction, à rebours d’une nécropolitique muséale et d’une esthétique fossile ?

Assuré par Flavia Bujor

 

Pré-inscription (nombre de places limitées) : flavia.bujor@univ-paris8.fr

 

Dans les romans de science-fiction étudiés durant le semestre, une catastrophe est arrivée, troublant le monde tel qu’on le connaît, son organisation politique, et la relation des humain·es aux autres qu’humain·es. Quel sens peut-on alors accorder au concept de « nature », et sous quelle forme se le réapproprier ? Comment imaginer des alternatives pour ouvrir des brèches utopiques au sein de la dystopie ? Ce cours de littérature comparée s’attachera à problématiser le lien entre les textes de fiction et les théories écoféministes, écoqueer, néo-matérialistes etc. Car c’est aussi l’idée même d’une catastrophe délimitable comme telle qui exige d’être mise à distance pour penser un processus de transformation dans lequel nous sommes déjà pris·es – et dont les effets nous touchent de façon inégale.

La validation consistera en un travail de création littéraire. Des exercices d’écriture seront proposés tout au long du semestre, en relation avec les textes littéraires et théoriques analysés.

Assuré par Isabelle Moindrot

 

L’atelier-laboratoire développe un enseignement théorique, pratique et expérimental, aux confluents de l’opéra, du jeu masqué, et de l’écologie. Il repose sur une méthodologie de recherche-création interdisciplinaire et offre un environnement complet pour la réalisation d’un spectacle éco-responsable. Il articule des séances théoriques sur l’écologie et le spectacle vivant, des séances de fabrication de masques et de costumes pour des créatures non-humaines, et des séances pratiques de jeu et de chant masqués, avec des artistes.

Il comprend un voyage d’une semaine à Venise, pour la découverte des collections historiques de l’Istituto per il Teatro e il Melodramma et l’apprentissage de la fabrication de masques et de costumes auprès d’artisans d’art de premier plan. Il se poursuit avec des séances pratiques de jeu et de chant, un workshop et une performance au printemps 2026.

Le fil rouge de l’année est la représentation du feu. L’atelier-laboratoire peut être suivi sans connaissance préalable de l’opéra. Validation sur la base de travaux pratiques et rédigés.

Assuré par Makis Solomos

 

Ce séminaire discute les questions que posent les approches écologiques dans le domaine de la musique et des arts sonores. Le point de départ est le tournant écologique de l’art initié par l’écologie acoustique, un tournant qui concerne les questions environnementales, la composition à base de paysages sonores, des projets artistiques issus du field recording et bien des ramifications actuelles. En élargissant la notion d’écologie pour y inclure d’autres « environnements », et notamment celui mental (qui touche aux processus de subjectivation, aux affects et à l’écoute) ainsi que celui social ou politique, nous rencontrons un grand nombre de travaux artistiques. En effet, les musiciens et artistes sonores travaillent la relation à ces multiples environnements selon une relation éco-logique, impliquant un véritable souci pour le monde et son devenir. On peut analyser comment ces écologies contribuent à l’élaboration des techniques de composition ou de performance et, plus généralement, des pratiques musicales et sonores, comme elles se sédimentent dans des formes artistiques et sensibles. Inversement, on peut analyser comment les approches artistiques influent sur leurs environnements : comment elles façonnent du social, comment elles transforment les relations entre les humains, comment elles peuvent ouvrir, via leurs symbolisations, mais aussi leurs actions immédiates, des écoutes et des sentirs différents.

Assuré par Cécile Sorin

 

L’anthropophagie et le cannibalisme ont pu être mobilisés dans le cinéma des années 60 comme des métaphores de la société de consommation (Romero, J.P. De Andrade, Pasolini) et sont réinvestis aujourd’hui dans le cinéma contemporain (Dumont, Ducournau). La cosmophagie, quant à elle, désigne une autodévoration qui s’étend à l’ensemble des vivants et de la planète. Il s’agira de partir en quête de l’histoire de formes de la cosmophagie cinématographique et, dans une perspective écocritique, d’interroger la diversité des représentations de la responsabilité anthropocène. Ces gestes ne sont pas nouveaux, dès les années 30, des artistes s’interrogent sur les excès.

Assuré par Dork Zabunyan

 

Les images du dérèglement climatique inondent nos canaux d’information (télévision, médias sociaux, presse écrite...), parallèlement aux prises de parole d’experts, de scientifiques ou encore de gouvernants qui émettent un diagnostic sur la réalité de la catastrophe écologique. Ces images fixes ou en mouvement constituent le matériau audiovisuel de base qui façonne la représentation que nous avons de cette catastrophe, au niveau des affects que cette iconographie suscite comme des actions qu’elle aimerait amorcer à un niveau global. De l’éco-anxiété au sentiment d’indifférence en passant par un « déni cosmique » (pour reprendre le sous-titre français du film d’Adam McKay, Don’t Look Up), nous étudierons le spectre des émotions produites par les images du désastre climatique, celles du moins qu’on leur attribue pour sortir d’une torpeur tenace face à l’ampleur des bouleversements environnementaux. Cette enquête visuelle nous portera également du côté des vidéos du GIEC ou des réalisations militantes : elle constituera surtout le préalable à l’étude de films (fiction, documentaire, cinéma expérimental ou encore d’animation) qui effectuent un pas de côté ou établissent un écart par rapport à ce matériau visuel mainstream dont nous pressentons bien qu’il ne crée pas dans les consciences le choc qu’il prétend avoir.

Assuré par Clara Breteau

 

Cette introduction aux expériences-racines et méthodes d’investigation des esthétiques environnementales se fera à partir d’une enquête collective menée dans un lieu emblématique de l’écologie urbaine, sur le territoire de l’ancienne Plaine des Vertus à proximité de Paris 8. Pratique et théorie du monde comme « tissu sensible », l’esthétique environnementale permet de développer une réflexivité sur nos modes d’attention au réel et au vivant, en repérant les sensations ou départs d’image qui nourrissent, depuis les mondes matériels et sensibles, la création, l’expérience quotidienne et les fabriques politiques. Des éclairages sur le corpus théorique et philosophique des esthétiques environnementales ainsi que des outils et des exercices de lecture sensible seront mis au service de l’enquête collective : expériences esthétiques immédiates ou informées, lectures métaboliques, inventaires de biodiversité esthétique, esthétiques prospectives, écomancie.

Assuré par Damien Marguet 

 

Dans l’introduction à son ouvrage La Pensée écologique (2010), le philosophe Timothy Morton s’interroge : “Quelle sorte d’art pourrait plaire à une personne dotée d’une conscience écologique ?” C’est autour de cette question, ramenée au domaine du cinéma, que se déploiera ce séminaire. Il s’agira de repérer des esthétiques et des pratiques cinématographiques relevant de ce que Morton nomme « la pensée écologique », en adoptant une attitude réflexive et critique à l’égard de ce concept, qui sera réinscrit dans le champ de l’écocritique contemporaine.

À l’occasion de ce séminaire, on évitera de séparer forme et fond, pensée et action, théorie et pratique. C’est à partir des situations et des projets des étudiant·e·s que la possibilité d’une approche écologique du cinéma sera considérée, en s’appuyant sur de nombreuses lectures et un corpus varié allant des vues Lumière à Don’t Look Up, en passant par Miklós Jancsó et Nicolas Rey.

Assuré par Noémie Favennec-Brun

 

À partir d’écoutes d’enregistrements subaquatiques, ce cours propose d’allier théorie et pratique pour explorer les milieux sonores marins. Nous aborderons des questions liées à l’acoustique sous-marine et aux sons des océans, en croisant approches scientifiques et esthétiques. Seront également traités les aspects techniques de la prise de son en milieu aquatique, ainsi que les enjeux écologiques liés à la pollution sonore sous-marine. En croisant écologie sonore, analyses d’œuvres contemporaines et réflexions sur les imaginaires de la mer, nous questionnerons également les relations entre arts et sciences, notamment à travers les collaborations entre musicien·nes et chercheur·euse·s invité·es.

Inscrit dans une démarche de recherche-création, ce cours aura un volet dédié à la pratique : pratiques d’enregistrements marins, pratiques de composition musicale et sonore à partir de ces enregistrements, etc. Il donnera lieu à un travail collectif de création : réalisation d’un podcast et de capsules sonores en lien avec les thématiques explorées.

Assuré par Isabelle Ginot

 

Ouvert à tous et toutes, le séminaire construit une pensée critique tournée vers le terrain et nourrie de débats interdisciplinaires.
Les séances regroupent des artistes de la danse, praticien.ne.s somatiques, membres des équipes d’établissements de travail social, soignants, éducatifs, de structures culturelles, étudiants et étudiantes, chercheuses et chercheurs concerné·e·s par ces questions : Quelle est la place du corps, du mouvement et de la création dans le changement social ? À quelles conditions des projets de danse et de pratiques corporelles peuvent-ils aussi porter l’émancipation et la solidarité entre usager.e.s et professionnel.le.s au sein d’établissements éducatifs, soignants, sociaux

En collaboration avec l’association A.I.M.E. (chorégraphe Julie Nioche) Un lien où se trouvent toutes les infos : http://www.individus-en-mouvements.com/fr/spectacle/mouvements-engages-104 

Des cours de l’année actuelle sont mentionnés ici pour donner une idée du programme pédagogique. Les descriptions ont trait à des séminaires dispensés en 2025-2026 et sont susceptibles de varier d’une année sur l’autre.

Il ne s’agit que d’un extrait de la liste prévue pour 2026-2027.